L’étiquetage 5-C

L’étiquetage 5-C verra-t-il le jour ?

La bataille entre les autorités de santé, les industriels de l’agroalimentaire et la grande distribution n’en finit plus. Amendements, débats, revendications, l’article de la Loi Santé divise toujours autant les opinions, sa mise en place devient de plus en plus compromise.

Un décret qui s’inscrit dans la loi Santé

Si l’article 5 de la Loi Santé a été promulgué, le décret d’application doit quant à lui être encore définit. Il prévoit d’accompagner les informations nutritionnelles indiquées sur les produits par un graphique ou un symbole complémentaire sur la face avant des emballages. L’objectif est d’une part de faciliter l’accès à l’information pour les consommateurs, afin de mieux distinguer les aliments sains et moins sains, et d’autre part d’améliorer l’offre des industriels.

L’idée de cet étiquetage n’est pas nouvelle, il fait suite à la loi Information du Consommateur (Inco) qui marque en 2014 l’obligation d’affichage d’un tableau nutritionnel sur les produits. Toutefois, le constat après quelque mois de mise en application de ce tableau montre que les consommateurs ne s’y retrouvent pas. 66% d’entre eux estiment que les étiquettes, de par les termes et chiffres employés, sont incompréhensibles. D’où la volonté de simplifier la lecture par un logo intuitif. Le Professeur en nutrition Serge Hercberg a mis en place un système basé sur un classement en 5 couleurs, le 5-C, permettant une certaine souplesse. Chaque produit se voit attribuer des points selon les bienfaits ou les éléments néfastes qui le composent. Un algorithme, élaboré par la FSA britannique, prend en compte ces données pour arriver à un score, ensuite traduit sous forme de logo coloriel, du vert au rouge en passant par le jaune, l’orange et le rose. Sont associées à ces couleurs des lettres (A/B/C/D/E) pour rendre la lecture encore plus rapide.

Un projet conflictuel dont l’issue est incertaine

Le système 5-C promet en théorie une transparence sur les valeurs nutritives, et se veut un facilitateur de comparaison entre les produits d’une même catégorie. Mais les fabricants et distributeurs ne l’entendent pas de cette oreille, et mutualisent leurs efforts et actions pour démontrer les limites de cette classification. Ainsi, la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) propose depuis mars 2015 son propre code couleur, moins pénalisant pour les producteurs. Pour l’Association Nationale des Industries Agroalimentaires (ANIA), une pastille de couleur rouge risque de stigmatiser le produit, voire de culpabiliser certains consommateurs, au budget limité ne permettant pas forcément d’équilibrer l’alimentation ou d’acheter des produits estampillés « vert ». Mais leur argument majeur pointe sur le manque de critères pris en compte dans le calcul. En effet, l’un des facteurs important est la taille des portions ou la quantité, ainsi que la fréquence de consommation. Manger un carreau de chocolat n’a pas la même incidence qu’une tablette entière !

Malgré cette confusion, certains acteurs sont favorables au système 5-C, comme le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) qui a publié son avis le 24 août 2015, indiquant que l’étiquetage 5-C est la solution la plus adaptée pour attirer l’attention du consommateur. Il est rejoint par l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ou encore le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS) qui s’est déclaré prêt à conduire des expérimentations en conditions réelles, sous l’égide de son Conseil scientifique et éthique.

A ce jour, toujours au cœur des débats, aucun calendrier n’est en place. Les industriels, par leur volonté, ont réussi à ce que le dispositif soit pour l’instant établi sur la base du volontariat. Le texte de loi précise que « la déclaration nutritionnelle obligatoire (…) peut être accompagnée d’une présentation ou d’une expression complémentaire au moyen de graphiques ou de symboles ».

Crédit photo : l’express

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