Tension palpable au Salon International de l’Agriculture

Organisée du 27 février au 6 mars, Porte de Versailles, la 53ème édition du Salon de l’Agriculture s’est ouverte sur fond de tension. Les agriculteurs attendent du gouvernement et des visiteurs une prise de conscience pour faire face à une situation de crise alarmante…

L’agriculture française menacée

C’est le salon le plus attendu de France, véritable institution depuis de nombreuses années, que ce soit pour les professionnels de l’agriculture, les particuliers, ou encore le gouvernement qui ne déroge pas à la dégustation annuelle de produits locaux. 700 000 visiteurs en moyenne, plus de 1 000 exposants et quelque 4 000 animaux, le Salon International de l’Agriculture (SIA) est l’occasion pour les agriculteurs d’afficher le savoir-faire français. Cette année, quatre thématiques sont à l’honneur : l’élevage et ses filières, les produits gastronomiques, les cultures et filières végétales et enfin les métiers et services.

D’ordinaire bon enfant, les visiteurs, et surtout les politiques, ont pris l’habitude de venir à la rencontre de ces professionnels, en profitant d’une dégustation de fromage, d’un selfie avec Cerise la vache égérie, … Oui mais voilà, cette année les agriculteurs ont des choses à dire, et le SIA se trouve être l’endroit idéal pour faire passer leurs revendications.

Le ras le bol des agriculteurs

François Hollande venu samedi pour l’ouverture du SIA en a fait les frais : hué, insulté, le stand du ministère de l’agriculture saccagé… C’est dans un climat tendu, et jamais vu, que le Président est allé au-devant des agriculteurs : «Je suis aussi venu pour entendre ces cris, qui sont des cris de douleur, de souffrance» a-t-il affirmé. Il en a profité pour rappeler les différentes mesures prises ces derniers mois.

Mais celles-ci ne suffisent plus aux agriculteurs qui clament «C’est l’état d’urgence pour l’élevage!» ou encore « Je suis éleveur, je meurs ». Effondrement du cours du lait et du porc, poids de la grande distribution, embargo russe, demande d’étiquetage de la viande pour les produits transformés,… Les agriculteurs en ont assez, ils ne veulent plus de parole mais des actes. Et c’est là que le bât blesse : le gouvernement ? L’Union Européenne ? Les industriels ? Chacun se renvoie la balle, et la situation s’enlise, pour tomber dans une situation de crise dont les agriculteurs sont les premières victimes. Plus de 40.000 exploitations sont en situation d’extrême urgence, selon Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture.

 

Crédit Photo: finedininglovers.fr

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